Isabelle Hérard a transformé la grange construite par son défunt mari en lieu de création.

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En janvier 2019, Isabelle Hérard perd son mari, Charles, emporté par un cancer du pancréas à l’âge de 56 ans. Ensemble, ils étaient venus s’établir dans la nature à Nominingue, portés par le rêve commun d’y bâtir une petite ferme.

Au cœur de leur terre de 15 acres, Charles avait construit une étable. Mais le bâtiment destiné à accueillir des animaux allait finalement servir une tout autre mission.

Aujourd’hui, Isabelle y anime des ateliers de Journal Créatif, un rituel quotidien qu’elle décrit comme « essentiel à sa reconstruction ».

Un lieu devenu un temple

Dès qu’on franchit le seuil de cet espace transformé en sanctuaire créatif, on est frappé par la lumière, la chaleur du bois et la sérénité du lieu.

« Après le décès de Charles, je me demandais si j’allais rester ici toute seule. Qu’est-ce que j’allais faire de cette grande terre, de ce bâtiment ? », confie-t-elle.

Mais rapidement, elle fait sa place dans la communauté de Nominingue, et les choses se sont mises en place naturellement autour d’elle.

Charles croyait au potentiel de cet endroit. Aujourd’hui, Isabelle sent encore sa présence à travers chaque objet, notamment le vieux sofa qui fut le refuge de Charles pendant sa maladie.

« Cet endroit, c’est une façon de lui rendre hommage. Il continue de vivre avec moi. Cette cicatrice du deuil m’appartient, mais elle est remplie de beauté », dit-elle avec émotion.

Son message à ceux qui traversent la même épreuve : « Le meilleur conseil que je peux donner aux personnes endeuillées, c’est d’aller chercher de l’aide. »

Le rôle du soutien et du temps

Pour Isabelle, l’aide est d’abord venue de ses proches, puis d’organismes, comme Palliacco, qui sont spécialisés notamment dans l’accompagnement des personnes en deuil.

« J’ai appris que ce n’est pas le temps qui arrange les choses, mais ce que tu fais à l’intérieur de ce temps », explique-t-elle.

Peu à peu, elle a utilisé ce temps pour se redéfinir, revisiter les repères de sa vie d’avant et poser les bases de sa nouvelle existence.

Le Journal Créatif : un outil de transformation

Plus qu’un simple carnet de pensées, le Journal Créatif combine écriture, dessins et collages pour explorer son monde intérieur.

« On n’a pas besoin d’avoir de talent artistique. J’en suis la preuve ! », sourit Isabelle.

Cet outil l’aide à se connecter à ses émotions, à exprimer ce qui l’habite, parfois à partir d’une image ou d’un mot inspiré par la nature.

« C’est une expérience qui t’amène à trouver tes propres réponses. Ce n’est pas fait pour être beau, mais pour être vrai. Se permettre d’exposer sa vulnérabilité, c’est là que réside la véritable beauté du Journal Créatif. »

Un compagnon de route pour les âmes en reconstruction

Avant d’animer ses ateliers, Isabelle a suivi une formation de neuf mois.

« Tout le monde partageait ce qu’il faisait. Pendant neuf mois, je n’ai pas dit un mot. J’étais en deuil et je voulais seulement trouver un moyen de me guérir », se souvient-elle.

Aujourd’hui, convaincue par son expérience, elle partage cette méthode avec d’autres personnes traversant des pertes.

« Comme personne en deuil, je vous dis que ça marche. Ça fait vraiment du bien ! »

De l’étable à l’espace de renaissance

Qui aurait cru que cette étable, telle une arche bâtie autrefois pour accueillir des animaux, deviendrait le berceau d’âmes en quête de sens ?

Grâce à Isabelle et à son mode de création, ce lieu est devenu un refuge pour renaître, un symbole d’amour, de résilience et de transformation.

Pour en savoir davantage sur le Journal Créatif avec Isabelle Hérard :

Art et être

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