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Par Martin Dumont
Avec une population vieillissante et des coûts en santé en constante hausse, les soins à domicile, incluant la fin de vie, apparaissent de plus en plus comme une solution à la fois humaine et réaliste. Mais pourquoi tant de gens hésitent-ils à faire appel à ce service ?
Une responsabilité partagée
Bien que le CISSS assure les soins médicaux à domicile, ses interventions ont des limites. « Nous sommes des spécialistes de la santé. Nous offrons plusieurs services, par exemple : donner des médicaments, ajuster des sangles, faire des bandages, etc. Mais nous ne pouvons pas faire du ménage, du gardiennage, du transport, de la nourriture… C’est là que les organismes communautaires prennent le relais. Je m’assure que l’offre de services de nos partenaires soit bien connue de l’équipe », précise la responsable de l’équipe de soins à domiciles ( SAD ) des Sommets dans les Laurentides, Annie Paquette.
Des organismes, comme Palliacco, offrent du répit, du soutien moral, de la présence. Cette collaboration est essentielle, particulièrement dans un contexte où les ressources publiques sont limitées. « Ces services ne font pas juste faciliter notre travail, c’est un incontournable. Avec la réalité de 2025, c’est illusoire de croire que la structure publique peut, à elle seule, assurer le maintien des soins à domicile. C’est pourquoi, plus que jamais, nous devons travailler ensemble », maintient Annie Paquette.
Le principal défi
Malgré l’apport considérable des organismes communautaires, du support grandissant des municipalités et de l’implication des proches, le principal défi d’offrir davantage de services et de soins à domicile de qualité à la population dépend souvent de la perception des gens. « Mon principal enjeu est que les gens arrivent trop tard, notamment en soins palliatifs », constate la gestionnaire.
Ce qui expliquerait cette tendance serait en partie relié à une ancienne croyance qui veut que lorsque le SAD se rend à domicile, c’est qu’il cherche à héberger les gens. « Pourtant, c’est vraiment le contraire ! Aujourd’hui, on veut qu’ils restent chez eux le plus longtemps possible », soutient Mme Paquette. « Je sais aussi que ce n’est pas évident pour certaines personnes de laisser un étranger entrer dans leur maison : ça peut paraître parfois assez intrusif. Il faut se mettre dans la peau de cette personne et se dire que pour certains, accepter de recevoir de l’aide, c’est aussi faire le deuil de son autonomie. Je crois que c’est surtout ça qui est dur ».

La fin de vie
Recevoir un diagnostic de fin de vie s’accompagne souvent d’une peur profonde : celle de perdre son autonomie et de devenir un fardeau pour ses proches. Cette crainte peut freiner l’accès aux soins palliatifs, pourtant essentiels pour assurer confort, dignité et accompagnement dans cette étape de vie.
Sur le terrain, les équipes de soins à domicile constatent que les personnes qui sont suivies depuis plusieurs années sont généralement plus ouvertes à recevoir de l’aide supplémentaire lorsque vient le temps d’envisager les soins palliatifs. La relation de confiance établie au fil du temps joue un rôle clé.
« Pour certaines personnes, repousser les soins palliatifs revient à retarder l’idée de la mort. Pourtant, dès qu’elles franchissent les portes d’une maison de soins palliatifs ou découvrent les services de Palliacco, leur perception change radicalement. Ce que l’on entend alors, c’est : Avoir su, on l’aurait fait avant !ʺ, une phrase qui résume parfaitement le soulagement et la reconnaissance ressentis après coup », observe Annie Paquette.
Cela souligne l’importance de mieux faire connaître les ressources, comme Palliacco, qui accompagnent non seulement les personnes en fin de vie, mais aussi leurs proches, en offrant un soutien psychologique, pratique et humain. Ce type de témoignage peut être un puissant levier pour sensibiliser davantage le public à l’importance d’un accompagnement précoce.