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Propos recueillis par Martin Dumont
Dans un monde où l’on cherche souvent des réponses complexes aux grands défis humains, il arrive que la plus belle des solutions émerge de la simplicité du cœur et de la force du collectif. Voici l’histoire de l’« Effet Palliacco », un mouvement inspiré de la générosité sans bornes du Cercle de Fermières Saint-Michel/Pine-Hill et d’une femme résiliente atteinte de cancer, la présidente du cercle Suzanne Plante.
Le cœur battant du Cercle des Fermières
L’épicentre de cette histoire regroupe une communauté de 46 femmes, majoritairement des grand-mères et arrière-grand-mères, unies par un désir profond de partage et d’entraide.
Dans cette région rurale située près de Brownsburg-Chatham où les services sont rares, le Cercle est un véritable pilier social. « C’est un lieu d’apprentissage constant et de transmission de savoir-faire, où chaque membre apporte sa contribution unique », témoigne Suzanne Plante.
Celle-ci insiste d’ailleurs sur l’importance de ce partage, notamment envers les jeunes générations. « L’ambiance y est chaleureuse, empreinte de respect mutuel, et le groupe représente un rempart précieux contre l’isolement », ajoute-t-elle. C’est dans cet esprit de solidarité que l’idée de soutenir Palliacco a germé.
La main à la pâte
Loin des logiques commerciales, la philosophie du Cercle est simple : « Tout ce qu’on fait, c’est pour donner. Dans le monde dans lequel on vit, là, où c’est plus virtuel. Il y a de moins en moins de choses qui sont transmises par les mains. Quand c’est fait à la main, il n’y a quelque chose de vous que vous transmettez. Quand vous les donnez à quelqu’un vous le sentez », propose la présidente. Les fonds qu’elles amassent grâce aux subventions servent à acheter les matériaux nécessaires pour créer des œuvres qu’elles offrent, comme leurs célèbres couvertures et leurs adorables poupées tricotées.
La naissance de l’« Effet Palliacco »
L’initiative de donner à un organisme qui soutient les gens en fin de vie ou atteints de cancer est venue de Suzanne elle-même. Touchée par sa propre expérience avec le cancer (qu’elle gère avec une force admirable), elle a voulu aider ceux qui combattent la maladie. « Moi, ça fait des années que j’ai un cancer, mais je me considère chanceuse, car c’est un cancer qui se soigne. Je suis capable d’avoir une qualité de vie. Y’en a qui n’ont pas cette chance et c’est pourquoi les organismes qui aident ces personnes dans le besoin, ça me touche beaucoup. C’est ma façon d’aider les gens qui n’ont pas la chance que j’ai », propose Suzanne.
Inspirée par sa mission, Suzanne Plante a contacté Palliacco pour proposer un don de leurs créations. Très vite, les couvertures et les coussins confectionnés avec amour par les fermières ont trouvé leur chemin vers les bénéficiaires de Palliacco, apportant chaleur et réconfort. Suzanne a même insisté pour que le logo de Palliacco soit apposé sur chaque pièce, un signe de leur engagement profond.
Des cœurs uniques
C’est lors d’une conversation avec l’équipe de Palliacco que l’idée d’animer le logo de Palliacco (un cœur) a pris forme. Ainsi, ne reculant devant rien, les mains des fermières se sont activées et au début avril 2025, 250 petits cœurs de feutre sous forme de broches ont été remis à Palliacco. « Ils sont tous fait à la main. C’est vraiment toute une job. Mais, c’est ça le chemin, c’est, ça qui est le fun. Même moi personnellement, je ne peux pas en faire deux pareils », précise Suzanne Plante.
En voyant la joie que procuraient ces «petits vecteurs de sourires» l’idée d’un mouvement de bonté et de reconnaissance a émergé parmi les employés de Palliacco. L’« Effet Palliacco » est né de cette synergie, de cette idée qu’un geste simple de reconnaissance peut se transformer en une vague de bienveillance », observe la directrice des services de Palliacco, Julie-Andrée Bourque.
Un engagement qui brise les frontières
L’engagement du Cercle des fermières ne s’arrête pas là. Suzanne travaille actuellement sur une mascotte inspirée de ces petits cœurs, un projet qui promet de devenir un symbole fort pour Palliacco. Plus encore, le Cercle a déposé une demande de subvention fédérale avec l’objectif de dédier une année entière de leur travail à Palliacco. Cette initiative témoigne d’une générosité exceptionnelle et d’une confiance inébranlable dans la mission de l’organisme.
L’histoire du Cercle des fermières et de leur collaboration avec Palliacco est une illustration parfaite de la devise du cercle: « Seul, on va plus vite ; ensemble, on va plus loin. » L’« Effet Palliacco » est la preuve vivante que la compassion, le partage et la force du collectif peuvent transformer les moments les plus difficiles en expériences empreintes de dignité et d’amour. C’est un rappel puissant qui propose que, même face à la fin de vie, l’humain peut toujours être honoré, soutenu et entouré.
« On voit que notre travail fait une différence. Vraiment on est fières de nous ! », conclut Suzanne Plante un sourire dans la voix.

