La nature a aidé Jo-Ann à se ressourcer pendant sa guérison – Photo gracieuseté

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Avoir envie de redonner… après s’être reconstruite, Jo-Ann décrit son cheminement vers le bénévolat en soins palliatifs chez Palliacco.

Par Martin Dumont

Un accident qui change une vie

C’est en 2011, sur une pente de ski, que le destin de Jo-Ann bascule. Une violente chute lui cause d’importantes séquelles internes. La convalescence sera longue, éprouvante, et changera profondément la dynamique familiale avec son mari et leurs trois enfants.

« J’ai vraiment passé à deux cheveux de mourir ou d’être paralysée. Finalement, ce ne fut pas le cas. Sans mon mari et mes enfants, je n’aurais jamais retrouvé ma vie d’avant », annonce-t-elle.

Une convalescence marquée par la douleur… et l’amour

Alitée pendant plus d’un an et demi, Jo-Ann traverse toutes les étapes du deuil : celui de son corps, de son rôle de mère active, et d’une vie sans douleur.

« C’est seulement en 2023 que j’ai pu recommencer à faire un peu de jogging, à retrouver quelques activités que j’aimais », se souvient-elle.

Pendant cette période difficile, sa famille devient son pilier.

« Mes enfants étaient là pour moi. Ce sont eux, avec mon conjoint, qui ont cru en mon rétablissement. La maladie nous a rapprochés. Elle leur a appris l’empathie et la résilience. »

 

Donner un sens à l’épreuve

En 2016, malgré une mobilité partiellement retrouvée, Jo-Ann ne peut reprendre son ancien emploi. Elle décide alors de consacrer plus de temps à aider sa mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer.

« Je me suis dit : je suis une survivante, je suis chanceuse de ne pas avoir été paralysée. Je me sentais reconnaissante envers la vie. J’ai décidé de donner au suivant. »

Son rôle de proche aidante l’amène à accompagner sa mère dans un CHSLD.

« Ce qui me faisait le plus de bien, malgré ma propre douleur, c’était de prendre soin d’elle. »

Une expérience bouleversante et transformatrice

L’accompagnement de sa mère jusqu’à son dernier souffle a changé profondément Jo-Ann.

« Je m’allongeais avec elle. Tout passait par le regard. J’ai été là jusqu’à la fin. C’était fort. C’était beau. »

Après le décès, elle trouve du réconfort dans la nature. Le besoin d’être utile, de continuer à accompagner des gens vulnérables, devient une évidence.

Devenir bénévole avec Palliacco

Jo-Ann découvre Palliacco, un organisme qui offre du soutien aux personnes atteintes de cancer ou en fin de vie, ainsi qu’à leurs proches. Elle suit la formation de base pour devenir bénévole d’accompagnement.

« Ce que je retiens le plus de mon expérience avec Palliacco, c’est la puissance de l’amour dans la vulnérabilité. Voir des personnes malades dépasser leurs limites, c’est très inspirant », insiste-t-elle.

Elle découvre aussi une nouvelle philosophie de vie : être là, présente pour une personne malade, sans lui proposer de solution toute faite.

« Dans mon ancienne vie professionnelle, j’étais toujours en mode solution. Chez Palliacco, on écoute, on accueille. On aide l’autre à cheminer vers SA propre réponse. »

Des liens qui restent

Est-ce difficile de dire au revoir aux personnes accompagnées ?

« Elles font maintenant partie de moi. Elles m’ont toutes profondément marquée. Au-delà de la tristesse, c’est une richesse. Elles seront toujours dans mon cœur. »